Le culte en Égypte
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· Le dogme du roi : la fonction royale est basée sur le modèle du mythe osirien : le pharaon régnant, à sa mort, devient Osiris quand il entre dans le monde des morts quand "Horus rejoint son horizon". Dans les représentations, il prend les symboles du dieu et son nom qui devient un préfixe à son nom de pharaon. Son successeur, lui, prend le titre d’Horus à sa montée au trône. En plus de cette évolution du statut de pharaon en tant que dieu, la royauté s’appuie aussi sur le mythe : en fait le détenteur du pouvoir incarne le conflit entre Seth et Horus. Le roi doit maintenir l’équilibre cosmique (Maât) en maîtrisant les deux forces divines de nature contraire.

Certains pharaons vont même jusqu’à adopter dans leur titulature le nom de Seth (tel Séthi Ier, le père de Ramsès II). Le dieu violent n’est pas considéré comme une sorte de diable à refouler (tel qu’il est vu dans le catholicisme) mais comme une facette du monde nécessaire au maintien de l’Univers. Mais on pense pourtant que par déformation et évolution le Seth égyptien est à l'origine du Shaïtan islamique et du précédent Satan. Ce rapport fût progressif car on peut noter qu'à la basse époque, Seth est perçu comme un dieu maléfique. 

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le défunt est représenté en tant qu' Osiris.
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·Le pharaon est le maître du culte en Égypte : les prêtres agissent en son nom pour le représenter à travers les deux terres. Il a le pouvoir d’élever n’importe qui à cette fonction.  La classe des prêtres et le culte quotidien : dans la situation classique où les prêtres ne sont pas nommés par pharaon, la prêtrise se transmet de père en fils. Cette transmission filiale s’applique dans la majorité des métiers à cette époque. La fonction très enviée de serviteur du dieu pouvait aussi s’acheter. Mais tous les prêtres n’étaient pas attachés au temple toute l’année. La majorité d’entre eux était divisés en quatre groupes ou Phylé qui servaient à tour de rôle. Soit ces groupes n’avaient que trois mois par an à servir le temple. Les prêtres ont un certain nombre d’obligations de pureté : des ablutions ponctuaient leurs journées, ils devaient être entièrement rasés, être circoncis et ne pas avoir de relations sexuelles. La religion appartenait aux intellectuels : cette caste était constituée d’astronomes, de médecins plus ou moins mages (religion et médecine étaient très liées : on a retrouvé des momies prouvant que les chirurgiens de l’époque étaient capables d’interventions efficaces mais les diagnostics étaient basés sur une conception très mythique du corps humain, le cœur par exemple était le siège de l’âme et non le cerveau). Nous allons maintenant nous intéresser plus précisément à la pratique du culte en lui-même. Le temple est un microcosme du monde : le plafond représente le ciel et les étoiles et le sol, la Terre. La statue du dieu présente dans le naos peut être une enveloppe passagère pour le dieu lui-même. Le culte quotidien permettait d’écarter les forces destructives de la déité. Tous les matins le roi ou à défaut le prêtre le représentant ouvrait le naos pour saluer le dieu, il l’habillait, le parfumait et lui faisait des offrandes. 

Nous pouvons aussi dire que les dieux étaient considérés comme des entités symbolique, les représentation ne sont pas sensées donner une image du divin. Ils se situaient dans les autres mondes tel l'am-douat le monde souterrain pour Osiris ou Apophis, ou le ciel pour Nout la déesse du firmament. Quand les dieux s'adressent aux hommes, ce sont par la voix des reves ou de la parole. 

On peut relever plusieurs exemples d'intéraction homme-dieux dans la littérature égyptienne. 

  • Un des plus connu: Ramsès II à la bataille de Kadesh. Le tonnerre éclate et le pharaon entend la voie d'Amon, le dieu de la victoire. Cet échange est relaté dans le poème de Pentaour gravé sur les murs de Karnak.
  • Il y a aussi Thoutmosis quatrième du nom qui s'endormant aux pieds du Sphinx reve du dieu Harmakhis qui lui révèle qu'il accédra au pouvoir si il désensable la statue au corps de lion.
· Le culte du mort : les tombes des défunts étaient garnies de provisions et de mobilier funéraire destinés à aider certaines parties de la personnalité du mort. Les besoins sont parfois identiques à ceux des vivants.On peut voir trois aspects de la personnalité d’un égyptien : le ka, le ba et l’akh. 
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les oushebtis, les serviteurs du défunts, déposé dans les tombes.
-pièces du British museum, Londres-
(pour se faire une idée, ces statuettes ne dépassent pas 25 cm de hauteur)
1. le Ka 

C’est en quelque sorte l’âme du défunt, une énergie vitale et invisible qui accompagne l’homme même après sa mort. Le Ka permet la résurrection psychique et physique du mort dans l’autre monde. Cette énergie est décrite comme une force entretenant la vie. Mais le Ka, bien que valeur spirituelle, a besoin du corps pour exister, les prêtres funéraires appelés serviteur du Ka étaient chargés par le procédé de momification de rendre le corps du mort immortel pour assurer l’éternité du concerné. Une statue peut servir de support à cette énergie, c’est de là que vient le caractère vivant des sculptures ou même d’une image. Le Ka reçoit les offrandes qui sont déposées dans le tombeau. 

2. Le Ba 

Le Ba est une autre facette spirituelle du défunt : elle apparait à sa mort sous la forme d’un oiseau à tête humaine. Le Ba est assez indépendant de la momie : il part par le puits du tombeau pour voler dans le ciel. Il revient parfois à la momie. Les interprétations de cette énergie peuvent être multiples. 

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Représentation des Ba-gravure murale de Karnak

3. l’Akh 

L’Akh est la force divine en chaque Homme. La mort et les rites du défunt le transcendent en un être purifié libéré de toutes contraintes : il peut agir dans l’autre monde d’Osiris ou même revenir sur Terre en esprit bienveillant. Ce sont des bienheureux, les morts justifiés devant le tribunal divin. Une profanation de sépulture pouvait entraîner son apparition. Un être ayant passé dans l’autre monde ou selon l’expression consacrée « passé à son Ka » apparait aux hommes sous la forme d’une ombre, un contour du défunt appelé Shouyt. Cette ombre indéterminée pouvait prendre tout son sens si elle était nommée : la parole fait partie des actes créateurs, on voit notamment que l’ouverture rituelle de la bouche du défunt fait partie du processus de momification.

Une autre des composantes du corps est le Khat. C'est l'état intermédiaire quand l'homme est mort mais qu'il n'est pas rendu immortel par la momification.  

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un akh : un être purifié-gravure du temple d'Abydos
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Ainsi la momification qui est pratiquée depuis environ 2700 ans avant JC permet d’assurer la survie des principes immatériels déterminant la personnalité du mort et sa vie dans l’autre monde. Cet acte rituel fait appel aux dieux : à Isis qui redonne le souffle de vie en battant des ailes, à Nephtys qui accompagne le mort dans son voyage et Anubis pour veiller sur son enveloppe charnelle entre autres. 
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